Deuxième mission d’appui aux artisanes de Boghni

 Mme Sadia Tabti qui réside en région parisienne, a accepté de réaliser une mission d’une dizaine de jours au mois de juillet en tant que bénévole auprès des artisanes de Boghni.  Formée à la céramique qu’elle a pratiquée pendant quelques années, elle a une connaissance fine de l’artisanat traditionnel amazigh qu’elle affectionne particulièrement ainsi qu’une grande expérience en tant que formatrice. Il s’agissait pour elle de mieux saisir les problématiques auxquelles ces artisanes sont confrontées et de leur ouvrir d’autres perspectives pour développer voire renouveler leur pratique artisanale.

En passant ces quelques jours aux côtés des artisanes du projet, Mme Tabti a pu non seulement partager ses connaissances et son expérience mais aussi prendre le temps de les écouter, de comprendre leurs difficultés et surtout, les encourager à persévérer. Un beau moment d’amitié et de solidarité entre femmes des deux rives.

Cette mission organisée conjointement par l’ADELS et Touiza Solidarité Ile de France, n’aurait pu se réaliser sans l’aide de Mme Wahiba Chellal, chargée de projet CODESOL au sein de l’ADELS. Toujours attentive et prévenante, elle a accompagné Mme Tabti dans les différents villages de la région de Boghni à la rencontre des artisanes et a considérablement facilité leurs échanges.

« J’aime l’art et plus particulièrement l’art amazigh […] je suis ravie de participer à l’élaboration de la sauvegarde de toutes ces artisanes »

Mme Sadia Tabti

Photo de groupe

Modernité et identité culturelle.

Comment garder notre identité culturelle tout en l’alliant à la modernité ? C’est le défi que se sont lancées Mme Tabti et les artisanes !

L’art amazigh est un patrimoine riche et retranscrit la finesse et l’émotivité de chacun ce qui rend chaque pièce unique. Au-delà d’un simple objet utilitaire ou de décoration, chaque création est une œuvre millénaire à perpétuer.

Après un tour de table de présentation et surtout l’identification du savoir-faire et la sensibilité de chacune, des binômes ont été formés. Chaque groupe, devait réfléchir à une création unique qui soit contemporaine et traditionnelle à la foi, décoratif et utile et surtout répondant à la demande actuelle.

Pour cela, il faut penser à la position de chaque motif, associer les couleurs harmonieusement, retravailler la forme …

L’objectif est de pouvoir vivre de l’artisanat. Il est donc nécessaire de s’adapter à la tendance actuelle et proposer des produits plus faciles à vendre et diversifiés et par conséquent développer un état d’esprit d’entrepreneuse.  Une réelle dynamique d’échange s’est très vite mise en place.

Pouvoir vivre de sa passion, créer avec plaisir mais penser utile, préserver son savoir-faire tout en s’adaptant à la tendance ; telles sont les nouvelles lignes de réflexion partagées lors de cette mission.

Ainsi, 30 artisanes (9 tisseuses, 12 brodeuses et artisanes en vannerie et 9 potières) ont été accompagnées. Des traditionnels tapis Kabyles, les artisanes se sont essayées à la confection de sacs, pochettes, coussins, tabourets, ceintures de laine, décorations murales …

Exemples de créations proposées par Madame Sadia
Exemples de créations proposées par Mme Tabti

Pour certaines, habituées à travailler avec des tons sombres et des créations maîtrisées qu’elles ont toujours fait, s’en détacher a été plus compliqué. Néanmoins, une fois ce stade passé et la créativité retrouvée, de très belles réalisations ont vu le jour !

Réactivité et apport

Cette intervention s’est avérée d’autant plus utiles pour les potières. En effet, les compétences du groupe étaient très hétérogènes. Afin de pallier à ce déséquilibre, chaque binôme réunissait une néophyte et une potière expérimentée. Cela permet de sauvegarder ce savoir-faire en mutualisant les compétences et connaissances pour ainsi assurer la transmission.

L’équipe sur le terrain a fait preuve d’une grande réactivité suite à ce constat. Une visite d’une entreprise de poteries à Boghni a été organisée par Mme Chellal pour que les potières puissent avoir un aperçu du métier, les outils et les techniques de séchages. Par ailleurs, Mme Tabti a fait appel à Mme Chabah Ouzemaouche, mère potière, avec qui elle avait déjà collaborée auparavant. Mme Ouzemaouche est intéressée pour animer une formation à destination de ces artisanes.

Une intervention appréciée

L’intervention de Mme Tabti a été fortement appréciée par les artisanes. Les connaissances artistiques de Mme Tabti y ont fortement contribuées. De la nouveauté, de l’innovation et de la créativité c’est ce dont les artisanes avaient besoin. Un coup de pouce apprécié et nécessaire ! Le dialogue s’est facilement installée sans crainte ni retenue pour laisser place à de bons moments de convivialité, de joie et de partage.

« J’ai aimé ce projet et voir ces femmes artisanes se lancer dans du contemporain tout en gardant leur culture et leur identité, c’est magnifique, c’est notre objectif. » 

Mme Sadia Tabti

 Formation et Créations

Formation Vannerie pour les artisanes du projet CODESOL

Du 25 au 27 mai 2016, 16 artisanes du projet CODESOL ont participé à une formation en vannerie, organisée par l’ADELS à Assi-Youcef, et assurée par une formatrice d’ASEFRU.

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Très motivées, les participantes ont pu apprendre de nouvelles techniques de vannerie fine. Utilisant des matières premières telles que le rafia et l’alfa, elles se sont essayées à la fabrication de nouveaux modèles de produits.

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L’accompagnement de ces artisanes se poursuit en mettant l’accent sur l’appropriation de ces nouvelles techniques, sur le design des produits et sur l’appui à la commercialisation…

La formation en quelques  images !

Situation des femmes dans le monde rural algérien

Basé sur le livre des conclusions du premier forum sur la femme rurale en Algérie, 2011

Dans le monde rural algérien, la situation des femmes recouvre une très grande diversité de réalités sociales, économiques et culturelles, tant au niveau individuel que communautaire. Il existe une hétérogénéité des situations.

Néanmoins, il est possible d’observer des tendances. Une enquête de 2003 réalisée sur un échantillon de 8000 femmes indique que : il y a une majorité de femmes de moins de 30 ans (54%) ; le célibat tend à gagner les zones rurales ; le taux d’analphabétisme chez les femmes rurales reste important (42%).

Des obstacles variés

Les femmes des milieux ruraux sont confrontées à des difficultés diverses, livrées à elle-même faute de moyens nécessaires à son émancipation. De nombreuses femmes, notamment celles mariées, restent confinées chez elles et n’établissent des relations qu’avec les propres membres de leur foyer (famille du mari). La majorité des manifestations collectives existantes (marchés, fêtes traditionnelles) sont réservées aux hommes. La majorité des femmes ne sont pas conscientes de leurs ressources, de leurs droits ou de leur rôle dans le développement de la société du fait de leurs limites d’accès à l’information et du patriarcat. Concernant la prise de décision, les femmes rurales participent aux décisions d’ordre interne à la famille, mais ne sont que partiellement consultées pour des décisions concernant des groupes restreints, et sont complètement écartées des décisions qui se rapportent à la communauté ou à la nation.

Les femmes rurales ont le plus souvent différents statuts et fonctions au sein du ménage, de la communauté et dans la société rurale en général. Elles doivent en particulier surmonter des difficultés pour accéder à certaines ressources et les contrôler. Elles connaissent également des problèmes d’écoulement de leur production (problème de commercialisation). De plus, les déplacements sont une des premières difficultés affectant le quotidien des femmes rurales, surtout dans des zones enclavées (rareté et mauvaise organisation des transports publics, pression sociale ou « tradition »). Elles butent aussi contre les problèmes de bureaucratie, de manque de soutien, de stockage des produits et du manque de main-d’œuvre.

La vie de la femme rurale est également compliquée par son « exclusion » d’accès à l’école. La majorité des femmes ignorent complètement leurs droits et restent largement soumises aux pressions familiales et au diktat des hommes. Les campagnes d’alphabétisation n’ont pas eu pour l’instant des résultats satisfaisants, d’autant plus que les régions les plus enclavées n’ont pas été touchées.

Un apport sous-estimé

Souvent, les femmes rurales participent à l’économie informelle à travers de nombreux rôles non rémunérés, sous-estimés ou non reconnus. Les tâches domestiques ne sont pas rémunérées. De ce fait, elles sont souvent maintenues dans un état de dépendance financière vis-à-vis de leur famille ou de leur communauté, sans rapport avec le niveau réel de leur contribution à l’économie. Cela tend également à rendre le divorce plus difficile, car laissant souvent les femmes sans ressources aucunes. De plus, dans de nombreux cas, les hommes contrôlent les revenus de leurs femmes.

Ainsi, si la femme rurale a joué de tous temps un rôle incontestable dans la vie socio-économique, sa contribution n’a pas été quantifiée et est restée dans le domaine de l’informel et de l’invisible. Pourtant, la femme rurale détient des savoirs et un savoir-faire important acquis depuis des siècles d’apprentissage quotidien dans la conservation, la transformation et la valorisation des produits agricoles, qui contribuent au maintien de la biodiversité et à la vitalisation des espaces ruraux. La promotion du rôle de la femme dans le développement rural doit être le résultat des efforts conjugués de tous les acteurs impliqués dans le développement rural : institutions publiques et mouvements associatifs à travers son travail de proximité.

La mauvaise circulation de l’information

La mauvaise information pose problème, tant au niveau de la société civile rurale vers les acteurs institutionnels chargés du développement rural, qu’au niveau des programmes que ces acteurs financent notamment à destination des femmes rurales ou des associations. D’une part les institutions ne cherchent pas à aller vers les ruraux, d’autre part ni les associations ni les femmes rurales ne savent chercher l’information sur ce qui existe et les concerne éventuellement. D’une façon générale, dans un même milieu, les moyens de communication sont moins accessibles aux femmes qu’aux hommes (obstacle à l’information qui leur est destinée). C’est pourquoi les femmes connaissent des difficultés d’accès aux dispositifs et financements de l’état les concernant (non information, absence de contacts avec les structures de l’état, procédures complexes, non éligibilité…). Faute d’information et de communication, les programmes d’aide et de soutien se sont montrés inefficaces. Elles ne sont souvent pas assez au courant des dispositifs d’aides auxquelles elles ont droit, en raison de l’absence de campagne de sensibilisation et d’information.

De la nécessité de l’approche « genre »

L’Etat algérien a pourtant investi, sans distinction de sexe, sur l’accès à l’éducation et à la santé. Cet investissement pour l’éducation des femmes a été massif (scolarité obligatoire et gratuite). De plus, dans le cadre de sa politique publique, l’Etat a créé un fonds spécial qui octroie des micros crédits aux femmes rurales. Cependant, la participation des femmes dans la vie économique et sociale reste faible, d’où l’importance de prendre en compte la notion de genre dans les projets. La promotion des femmes rurales devrait être l’un des objectifs prioritaires de tout projet de développement rural. Une approche « genre » est nécessaire afin que la population féminine soit impliquée dans la dynamique de développement, et que les mesures proposées soient adaptés à la population féminine. En effet, une mauvaise indentification du besoin des femmes rurales peut aboutir à des erreurs graves, d’où la nécessité pour les associations de réaliser un vrai diagnostic des situations initiales, et de se former pour cela.

Les rapports sociaux de genre sont des rapports de pouvoir. Les institutions reflètent et perpétuent les rapports sociaux hommes-femmes, particulièrement en milieu rural. C’est pourquoi des programmes de développement doivent intégrer cet aspect genre s’ils veulent avoir un effet concret sur la condition féminine et ne pas perpétuer les stéréotypes de genre. Le souci est que les tentatives visant à modifier ces rapports pour instaurer les principes d’équité/genre sont souvent perçues comme des menaces pour la préservation des valeurs traditionnelles et culturelles de la communauté. La discrimination sociale sur la base du genre est un fait d’une permanence certaine au niveau de la société algérienne, mais aussi au niveau des différentes cultures de manière générale. Cette discrimination ne cesse de se reproduire et de s’exprimer, bien qu’elle soit combattue par la mise en place de nouvelles lois (nouveau code de la famille) afin de changer les représentations sociales et d’agir sur les pratiques.

En milieu rural, le mouvement associatif est fragile. Les structures sont relativement récentes et bénéficient donc de peu d’expérience et de peu de crédit de la part des institutions. Elles sont aussi parfois en butte à la méfiance des populations. Pour autant, le mouvement associatif, comme les institutions publiques, doivent être les acteurs essentiels du développement rural. L’un des axes de développement important est la promotion des activités génératrices de revenus, localement adaptées, à l’aide notamment de micro-crédits et d’accompagnement. Les femmes rurales productrices ont besoin des appuis pour améliorer la qualité de leur produit afin de satisfaire les exigences du marché, valoriser leur savoir-faire et leur produit et de renforcer leurs capacités à travers l’alphabétisation et avec des cours de formation spécifique.

Une tendance à la féminisation

Néanmoins, la féminisation actuelle de l’éducation et du marché du travail est une réalité même dans le monde rural. Des femmes jouent un rôle de plus en plus important et visible dans des secteurs traditionnellement masculins (la multiplication des associations de femme en est une illustration). Si la femme ne jouit pas encore d’un pouvoir reconnu et légitime pour exercer des fonctions de responsabilité, l’exode des hommes pour des raisons économiques ou sécuritaires ont contraint les femmes à prendre plus de responsabilité. Le nombre de femmes chef de ménage a été en progression ces dernières années. Par ailleurs, la femme a toutefois plus d’occasions aujourd’hui de pouvoir aller à l’école, quand bien même la tradition continue de peser dans le milieu rural. Cet équilibre est à surveiller.

Les succès réalisés par la femme rurale au cours de la dernière décennie doivent être encouragés et valorisés. Outre son rôle d’épouse et de mère, elle a fait preuve de sa volonté d’investir aussi le secteur économique, contribuant de ce fait à réduire le phénomène de déplacement des populations rurales. En outre, participer efficacement à l’économie nationale leur permet d’améliorer la situation de leur famille. En plus de la promotion des produits locaux et de l’artisanat, leurs ambitions se portent également vers l’entrepreneuriat et la création de coopératives. En outre aujourd’hui, de plus en plus de femmes ne se marient pas, ou alors tardivement. Elles ont par conséquent besoin d’occuper un autre rôle que celui d’épouse ou de mère. Pour développer ces autres activités il convient de s’intéresser à l’ensemble de l’économie rurale, par le biais par exemple de l’économie sociale et solidaire.

Retour sur la première mission d’appui bénévole

Cette première mission d’appui bénévole, qui s’est tenue du 6 au 12 mars, est sans aucun doute un succès !

P1010182Paysage d’Assi Youssef

Annie (présidente), Angélique (coordinatrice) et Malika (bénévole et membre de l’association Dena) se sont rendues dans la région de Tizi Ouzou à la rencontre des artisanes du projet CODESOL.

Il s’est agit d’abord d’apporter un complément aux formations à la création d’entreprise suivies par les femmes, en réalisant un accompagnement individualisé moins théorique et plus humain, à l’écoute des besoins spécifiques de chacune.  A travers cela bien sur, il s’agit forcément de renforcer les liens solidaires entre les deux rives de la Méditerranée..

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En ce début mars, le temps était à la neige dans les montagnes!

Rencontre de partenaires actuels ou nouveaux

Nous devons tout d’abord remercier les membres de l’ADELS et les partenaires locaux (notamment la DJS et les scouts d’Assi Youssef) pour l’excellente organisation de la mission, qui nous a permis de rencontrer un grand nombre de femmes du projet malgré leur dispersion sur plusieurs villages de la région. Grâce à eux, nous avons pu nous rendre dans le village d’Assi Youssef, où un grand nombre de femmes du projet sont présentes, ainsi qu’à la commune de Boghni, et réduire les temps de transports en communs qui peuvent être longs pour se déplacer vers/depuis les villages. Ce sont des partenaires précieux et nous espérons que la collaboration perdurera dans le temps.

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Les scouts d’Assi Youssef

Nous avons également rencontré divers acteurs qui nous ont donné des conseils et avec lesquels on peut envisager des axes de collaboration, comme la Formation Professionnelle à Tizi Ouzou, ou encore le réseau Res’Art.

Notre rendez-vous à l’Ambassade est tombé au bon moment puisqu’un élément manquant du dossier rendait notre projet inéligible. Cela nous a été signalé lors du rendez-vous et rectifié le lendemain, date limite ! Aujourd’hui, nous espérons de bonnes nouvelles…

Mission d’accompagnement des femmes du projet

Malika, accompagnée de Wahiba, chargée de projet CODESOL à l’ADELS,ont réalisées une session intensive d’accompagnement individualisé d’une quinzaine de femmes du projet.

Le format choisi – accompagnement individualisé par une femme de la diaspora à la démarche d’entrepreneuriat – s’est avéré efficace : les femmes ont pu exprimer leurs difficultés, leurs attentes. Et surtout, ce format encourage des dynamiques d’échanges, d’interconnaissance, d’entraide et de mutualisation entre les femmes du projet. Cette dynamique est fondamentale pour lutter contre l’isolement des femmes en zone rurale qui pénalise les projets entrepreneuriaux. En outre, ce format nous a permis de découvrir en profondeur les femmes du projets, et surtout la diversité de leurs profils !

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Quatre axes majeurs de travail sont ressortis :

  • le besoin de lieux communs de production et de vente

  • le besoin de renforcer les dynamiques de mutualisation

  • un important travail de réorientation est constamment à faire

  • Il faut stimuler la propagation d’un état d’esprit d’entrepreneuses

UN CONSTAT FLAGRANT : Le besoin d’un lieu commun !

Avec le confort dit moderne, les femmes ont tendance à travailler chez elles et ont perdu la pratique de certains travaux collectifs qui constituaient autant d’occasion de se retrouver. Elles ont donc, en un certain sens, subit une perte de lien social et se retrouvent particulièrement isolées.

Faire émerger des lieux communs locaux : des contacts ont été pris avec l’APW d’Assi Youssef pour mettre à disposition des femmes un lieu ou elles pourraient produire et vendre en commun au plus près de leurs foyers.

SECOND CONSTAT : il faut renforcer la mutualisation !

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Cette mission a permis d’accentuer la connaissance des femmes du projet, de leurs besoins -parfois très différents les uns des autres- et de discuter des problématiques rencontrées souvent au niveau personnel (mobilité, organisation par rapport aux obligations familiales notamment).

Renforcer le partage d’expérience entre femmes du projet : Les femmes discutent facilement entre elles de leurs difficultés et de leurs façons de faire (à l’exception peut-être de leurs designs). Il faut notamment inclure au programme une formation -sous forme d’échange de bonnes pratiques- sur l’organisation personnelle entre le temps travaillé et les obligations du foyer.

Présenter des exemples de réussites d’entrepreuneuriat féminin dans l’artisanat : Si les femmes ont généralement suivi la formation, peu arrivent à mettre en pratique ce qu’elles ont appris. Des cas concrets de femmes artisanes (par exemple du projet Res’Art) seraient complémentaires et certainement très bénéfiques.

Exploiter les différences entre les femmes pour renforcer l’entraide : Il existe une certaine disparité de « niveau » dans l’avancée du projet professionnel. Il convient de maintenir ces différents apports car ils participent à la dynamique d’entraide et de mutualisation fondamentale pour la réussite du projet, en particulier en zone rurale. Cela permettra aussi potentiellement de détecter de futures formatrices.

TROISIEME CONSTAT : un important travail de réorientation à faire…

Toutes les femmes ou presque veulent faire de la couture…. mais le marché est saturé ! La plupart ont appris dès l’enfance un peu de tous les métiers artisanaux. Il s’agit de valoriser certains métiers, notamment le tissage très demandé mais aussi très dévalorisé, par la mise en réseau avec des artisanes ayant accès aux réseaux de distribution, par le travail sur le design et par une amélioration des techniques (choix des matières, couleurs, finitions….)

QUATRIEME CONSTAT : Soutenir l’état d’esprit d’entrepreneuses

La mise en œuvre de la formation à la gestion d’une petite entreprise se heurte aux coutumes locales, et au manque de comparaison avec d’autres pratiques. Par exemple, la plupart définissent encore le prix de vente au poids des matières premières, car elles vendent sur commande à la saison des mariages dans un cercle très restreint où les prix pratiqués sont connus et en très forte concurrence. Certaines ne vendent que quelques produits par an. Malika a répété à tout moment : si l’on commence une activité artisanale, c’est pour vendre !

→ Là encore, il faut présenter des exemples de réussites d’entrepreneuriat féminin

Le renforcement des mutualisations devra permettre d’encourager la pratique collective de prix reflétant le travail réalisé en réduisant la concurrence par les prix cassés.

Merci à Malika pour son engagement et pour la qualité de son accompagnement !

Il est indispensable que ce travail d’accompagnement en petit groupe perdure, grâce au recrutement par l’ADELS de contrats aidés qui pourront réaliser ce travail de terrain dans les villages..

Préparation de l’exposition sur le projet

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Annie et Angélique ont quant à elles été accueillies par une dizaine de femmes du projet dans une maison traditionnelle à Assi Youssef. Merci à elle d’avoir bien voulu prendre le temps de partager avec nous un peu de leur talent et savoir-faire. Montage traditionnel d’un métier, tissage, poterie, tressage, et préparation des plats traditionnels de circonstance… Ce fut magnifique à voir!

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Nous avons pris de nombreuses photos et vidéos qui seront un atout majeur pour communiquer sur le projet, l’entrepreneuriat féminin en zone rurale et sur l’artisanat algérien. Ces éléments seront utilisés lors d’une exposition qui sera présentée en Ile-de-France, mais aussi pour diverses communications sur les réseaux sociaux. Cependant, il faudra compter un mois pour exploiter ces données récoltées…

Au cours de cette mission, nous avons pu observer l’intérêt des femmes de la zone pour le projet. Une dizaine de femme ne faisant pas parties du projet sont venues pour en savoir plus sur le projet lors de notre venue, signe que le bouche à oreille commence à fonctionner et qu’il est plutôt positif. Il faudra réfléchir à ce qui peut leur être proposé.

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Nous remercions enfin chaleureusement Wahiba pour son travail exceptionnel de mobilisation sur le terrain ! Mobiliser sur la durée des femmes en zone rurale – qui souffrent de nombreuses contraintes- n’est pas une mince affaire… Et pourtant c’est un succès !

Les actualités du projet

 

Du 27 au 30 décembre puis du 3 au 7 janvier, 6 artisanes du projet CODESOL, accompagnées par l’ADELS (association partenaire) ont bénéficié d’une formation dans le domaine du tissage, assurée par une formatrice de la Chambre de l’Artisanat et des Métiers de Tizi-Ouzou.

Par le biais de cette formation, les artisanes ont pu apprendre de nouvelles méthodes, plus simples, de démarrage d’un tapis, la manière de corriger des erreurs au milieu d’un produit plutôt que de tout recommencer, comment se servir de métiers à tisser plus modernes, le respect des normes de production…

Cette formation pourrait être approfondie sur les aspects design, diversification et modernisation des types de produits, dans le cas où une personne ressource motivée serait désireuse de faire bénéficier de ses compétences dans le domaine.

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Artisane travaillant sur un métier à tisser

Deux autres formations sont en cours de préparation et auront lieu prochainement dans le domaine de la vannerie et de la poterie. En ce qui concerne la vannerie, la formation s’orientera vers les techniques de la vannerie fine, l’amélioration de la qualité des produits et la diversification des types de produits.

De plus, un diagnostic sur l’état de l’artisanat traditionnel dans la région de Boghni est en cours de réalisation (place de l’artisanat dans l’économie locale, difficultés, situation des artisans, possibilités de formation, etc.) suite à la collecte d’informations réalisée par l’ADELS.

Enfin, une mission en Algérie est programmée prochainement, portée par une personne ressource d’origine algérienne d’Île-de-France, appartenant au réseau Touiza Solidarité IDF. Elle se rendra sur place afin d’apporter son appui aux artisan/es du projet.