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Situation des femmes dans le monde rural algérien

Basé sur le livre des conclusions du premier forum sur la femme rurale en Algérie, 2011

Dans le monde rural algérien, la situation des femmes recouvre une très grande diversité de réalités sociales, économiques et culturelles, tant au niveau individuel que communautaire. Il existe une hétérogénéité des situations.

Néanmoins, il est possible d’observer des tendances. Une enquête de 2003 réalisée sur un échantillon de 8000 femmes indique que : il y a une majorité de femmes de moins de 30 ans (54%) ; le célibat tend à gagner les zones rurales ; le taux d’analphabétisme chez les femmes rurales reste important (42%).

Des obstacles variés

Les femmes des milieux ruraux sont confrontées à des difficultés diverses, livrées à elle-même faute de moyens nécessaires à son émancipation. De nombreuses femmes, notamment celles mariées, restent confinées chez elles et n’établissent des relations qu’avec les propres membres de leur foyer (famille du mari). La majorité des manifestations collectives existantes (marchés, fêtes traditionnelles) sont réservées aux hommes. La majorité des femmes ne sont pas conscientes de leurs ressources, de leurs droits ou de leur rôle dans le développement de la société du fait de leurs limites d’accès à l’information et du patriarcat. Concernant la prise de décision, les femmes rurales participent aux décisions d’ordre interne à la famille, mais ne sont que partiellement consultées pour des décisions concernant des groupes restreints, et sont complètement écartées des décisions qui se rapportent à la communauté ou à la nation.

Les femmes rurales ont le plus souvent différents statuts et fonctions au sein du ménage, de la communauté et dans la société rurale en général. Elles doivent en particulier surmonter des difficultés pour accéder à certaines ressources et les contrôler. Elles connaissent également des problèmes d’écoulement de leur production (problème de commercialisation). De plus, les déplacements sont une des premières difficultés affectant le quotidien des femmes rurales, surtout dans des zones enclavées (rareté et mauvaise organisation des transports publics, pression sociale ou « tradition »). Elles butent aussi contre les problèmes de bureaucratie, de manque de soutien, de stockage des produits et du manque de main-d’œuvre.

La vie de la femme rurale est également compliquée par son « exclusion » d’accès à l’école. La majorité des femmes ignorent complètement leurs droits et restent largement soumises aux pressions familiales et au diktat des hommes. Les campagnes d’alphabétisation n’ont pas eu pour l’instant des résultats satisfaisants, d’autant plus que les régions les plus enclavées n’ont pas été touchées.

Un apport sous-estimé

Souvent, les femmes rurales participent à l’économie informelle à travers de nombreux rôles non rémunérés, sous-estimés ou non reconnus. Les tâches domestiques ne sont pas rémunérées. De ce fait, elles sont souvent maintenues dans un état de dépendance financière vis-à-vis de leur famille ou de leur communauté, sans rapport avec le niveau réel de leur contribution à l’économie. Cela tend également à rendre le divorce plus difficile, car laissant souvent les femmes sans ressources aucunes. De plus, dans de nombreux cas, les hommes contrôlent les revenus de leurs femmes.

Ainsi, si la femme rurale a joué de tous temps un rôle incontestable dans la vie socio-économique, sa contribution n’a pas été quantifiée et est restée dans le domaine de l’informel et de l’invisible. Pourtant, la femme rurale détient des savoirs et un savoir-faire important acquis depuis des siècles d’apprentissage quotidien dans la conservation, la transformation et la valorisation des produits agricoles, qui contribuent au maintien de la biodiversité et à la vitalisation des espaces ruraux. La promotion du rôle de la femme dans le développement rural doit être le résultat des efforts conjugués de tous les acteurs impliqués dans le développement rural : institutions publiques et mouvements associatifs à travers son travail de proximité.

La mauvaise circulation de l’information

La mauvaise information pose problème, tant au niveau de la société civile rurale vers les acteurs institutionnels chargés du développement rural, qu’au niveau des programmes que ces acteurs financent notamment à destination des femmes rurales ou des associations. D’une part les institutions ne cherchent pas à aller vers les ruraux, d’autre part ni les associations ni les femmes rurales ne savent chercher l’information sur ce qui existe et les concerne éventuellement. D’une façon générale, dans un même milieu, les moyens de communication sont moins accessibles aux femmes qu’aux hommes (obstacle à l’information qui leur est destinée). C’est pourquoi les femmes connaissent des difficultés d’accès aux dispositifs et financements de l’état les concernant (non information, absence de contacts avec les structures de l’état, procédures complexes, non éligibilité…). Faute d’information et de communication, les programmes d’aide et de soutien se sont montrés inefficaces. Elles ne sont souvent pas assez au courant des dispositifs d’aides auxquelles elles ont droit, en raison de l’absence de campagne de sensibilisation et d’information.

De la nécessité de l’approche « genre »

L’Etat algérien a pourtant investi, sans distinction de sexe, sur l’accès à l’éducation et à la santé. Cet investissement pour l’éducation des femmes a été massif (scolarité obligatoire et gratuite). De plus, dans le cadre de sa politique publique, l’Etat a créé un fonds spécial qui octroie des micros crédits aux femmes rurales. Cependant, la participation des femmes dans la vie économique et sociale reste faible, d’où l’importance de prendre en compte la notion de genre dans les projets. La promotion des femmes rurales devrait être l’un des objectifs prioritaires de tout projet de développement rural. Une approche « genre » est nécessaire afin que la population féminine soit impliquée dans la dynamique de développement, et que les mesures proposées soient adaptés à la population féminine. En effet, une mauvaise indentification du besoin des femmes rurales peut aboutir à des erreurs graves, d’où la nécessité pour les associations de réaliser un vrai diagnostic des situations initiales, et de se former pour cela.

Les rapports sociaux de genre sont des rapports de pouvoir. Les institutions reflètent et perpétuent les rapports sociaux hommes-femmes, particulièrement en milieu rural. C’est pourquoi des programmes de développement doivent intégrer cet aspect genre s’ils veulent avoir un effet concret sur la condition féminine et ne pas perpétuer les stéréotypes de genre. Le souci est que les tentatives visant à modifier ces rapports pour instaurer les principes d’équité/genre sont souvent perçues comme des menaces pour la préservation des valeurs traditionnelles et culturelles de la communauté. La discrimination sociale sur la base du genre est un fait d’une permanence certaine au niveau de la société algérienne, mais aussi au niveau des différentes cultures de manière générale. Cette discrimination ne cesse de se reproduire et de s’exprimer, bien qu’elle soit combattue par la mise en place de nouvelles lois (nouveau code de la famille) afin de changer les représentations sociales et d’agir sur les pratiques.

En milieu rural, le mouvement associatif est fragile. Les structures sont relativement récentes et bénéficient donc de peu d’expérience et de peu de crédit de la part des institutions. Elles sont aussi parfois en butte à la méfiance des populations. Pour autant, le mouvement associatif, comme les institutions publiques, doivent être les acteurs essentiels du développement rural. L’un des axes de développement important est la promotion des activités génératrices de revenus, localement adaptées, à l’aide notamment de micro-crédits et d’accompagnement. Les femmes rurales productrices ont besoin des appuis pour améliorer la qualité de leur produit afin de satisfaire les exigences du marché, valoriser leur savoir-faire et leur produit et de renforcer leurs capacités à travers l’alphabétisation et avec des cours de formation spécifique.

Une tendance à la féminisation

Néanmoins, la féminisation actuelle de l’éducation et du marché du travail est une réalité même dans le monde rural. Des femmes jouent un rôle de plus en plus important et visible dans des secteurs traditionnellement masculins (la multiplication des associations de femme en est une illustration). Si la femme ne jouit pas encore d’un pouvoir reconnu et légitime pour exercer des fonctions de responsabilité, l’exode des hommes pour des raisons économiques ou sécuritaires ont contraint les femmes à prendre plus de responsabilité. Le nombre de femmes chef de ménage a été en progression ces dernières années. Par ailleurs, la femme a toutefois plus d’occasions aujourd’hui de pouvoir aller à l’école, quand bien même la tradition continue de peser dans le milieu rural. Cet équilibre est à surveiller.

Les succès réalisés par la femme rurale au cours de la dernière décennie doivent être encouragés et valorisés. Outre son rôle d’épouse et de mère, elle a fait preuve de sa volonté d’investir aussi le secteur économique, contribuant de ce fait à réduire le phénomène de déplacement des populations rurales. En outre, participer efficacement à l’économie nationale leur permet d’améliorer la situation de leur famille. En plus de la promotion des produits locaux et de l’artisanat, leurs ambitions se portent également vers l’entrepreneuriat et la création de coopératives. En outre aujourd’hui, de plus en plus de femmes ne se marient pas, ou alors tardivement. Elles ont par conséquent besoin d’occuper un autre rôle que celui d’épouse ou de mère. Pour développer ces autres activités il convient de s’intéresser à l’ensemble de l’économie rurale, par le biais par exemple de l’économie sociale et solidaire.

La wilaya de Tizi Ouzou


Situation géographique et administrative

La wilaya de Tizi-Ouzou se situe à 100 kilomètres d’Alger et fait partie de ce qu’on appelle « la Grande Kabylie ». Elle se situe au cœur du massif du Djurdjura et présente ainsi un relief montagneux fortement accidenté qui s’étale sur une superficie de 2 994 km², limitant de ce fait le potentiel agricole (32% de la superficie ). Les très hautes montagnes (pentes égales ou supérieures à 25%) occupent plus de la moitié de la superficie de la wilaya. Mais elle possède aussi une large ouverture sur la mer Méditerranée avec plus de 70 kilomètres de côtes.Elle a 70 kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée.

Suite au dernier découpage administratif de 1984 où l’Etat algérien avait créé 19 nouvelles communes, la Wilaya de Tizi- Ouzou compte désormais 21 daïras et 67 communes qui s’étendent sur une chaîne côtière composée des Dairas de Tigzirt, Azzeffoun, un massif central situé entre l’Oued Sebaou et la dépression de Drâa El Mizan Ouadhias.
Il s’agit de la wilaya comptant le plus de communes en Algérie. Les plus grandes villes sont Tizi Ouzou, Drâa El Mizan et Azazga.

Route Beni Yenni (27)Route Beni Yenni (23)

La population de la wilaya

Selon les données de l’ANDI (Agence Nationale de Développement de l’Investissement), la population totale de la wilaya atteignait en 2012 1.127.166 habitants avec une densité moyenne de 429 habitants / km2, chiffre très élevé pour une zone de montagne. Cependant la répartition de la population est loin d’être égale. Certaines localités sont beaucoup plus concentrées en habitants, comme la commune de Tizi Ouzou dont la densité de population est estimée à 1.320 habitants au km². A contrario, d’autres localités, situées principalement dans les régions montagneuses ou enclavées, sont faiblement peuplées.

On observe dans la wilaya une certaine tendance à la baisse du taux d’accroissement de la population, tout particulièrement de 1998 à 2008. Durant cette période, 37 des 67 communes enregistrèrent un taux négatif, synonyme de déperdition de la population dans certaines localités. On peut expliquer cette tendance à la fois par des flux migratoires liés aux conditions socio-économiques difficiles (baisse des investissements, fermeture s de plusieurs unités économiques de la wilaya), mais aussi en raison de la situation qu’a traversée le pays durant la décennie noire du terrorisme, ayant frappé en plein les zones rurales et montagneuses et la Kabylie en particulier.
Cependant à partir de 2009 le taux d’accroissement annuel se stabilise autour de 1,5%, ce qui reste néanmoins plus bas que la moyenne nationale, supérieure à 2%.

Route Beni Yenni (16)Route Beni Yenni (17)

Quelques données économiques

La plupart des emplois de la Wilaya proviennent du secteur tertiaire (commerce, services et transport). Derrière, l’administration continue largement à pourvoir des emplois prisés car considérés comme stables et durables, même si moins rémunérateurs. L’industrie et le BTPH (bâtiment, travaux publics, hydraulique) occupent respectivement les 3èmes et 4èmes rangs. Le secteur agricole quant à lui vient en dernière position et n’emploie que 5,2% de la population occupée (les caractéristiques montagneuses de la région limitent la surface agricole disponible) .

Le taux de chômage de la Wilaya de Tizi Ouzou estMais la Wilaya de Tizi-Ouzou est touchée par un taux de chômage relativement élevé et atteignaitatteignant près de 25,6% en 2011 (contre 18% fin 2009), soit plus de 90.000 demandeurs d’emplois. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces difficultés, dont certaines dues à la structure générale de l’économie algérienne (manque d’une industrie de base capable de dynamiser l’économie nationale, faiblesse du secteur privé nationale, dépendance du secteur des hydrocarbures…) et d’autres liés au manque de valorisation des atouts du territoire.

La plupart des emplois de la Wilaya proviennent du secteur tertiaire (commerce, services et transport). Derrière, l’administration continue largement à pourvoir des emplois prisés car considérés comme stables et durables, même si moins rémunérateurs. L’industrie et le BTPH occupent respectivement les 3èmes et 4èmes rangs. Le secteur agricole quant à lui vient en dernière position et n’emploie que 5,2% de la population occupée.

Depuis le début des années 2000, la hausse du prix international de l’énergie, principale source du pays en devises, a permis une certaine embellie financière en Algérie, conduisant l’Etat à beaucoup investir dans les infrastructures. La wilaya de Tizi-Ouzou a pu ainsi bénéficier du développement de son réseau routier (près de 5000 kilomètres) et ferroviaire (18 kilomètres), de son infrastructure portuaire (deux ports) et hydraulique, ainsi que de son réseau d’l’électrification (qui a ramené la wilaya à un taux de 95%).

En revanche, la wilaya peine à construire suffisamment de logements, surtout depuis 2008 alors que la demande s’accentue. Le déficit actuel en logement est estimé à 117 000 unités, sur la base de recensements et de demandes formulées par les particuliers. Néanmoins, ce chiffre pourrait être ramené à 80 000 selon les services en charge, après assainissement des fichiers des demandeurs. Or seulement 60% de cette demande pourra être satisfaite au titre du plan quinquennal 2015-2019.

Une région riche de son patrimoine

Les richesses naturelles variées de la wilaya en font sur le papier une des régions à plus fort potentiel touristique du pays. A la diversité du paysage (région à la fois côtière et de montagne), il faut y ajouter une réelle richesse archéologique et artisanale.

Une grande partie du patrimoine archéologique se trouve dans la zone côtière de Tigzirt (qui a servi de site pour la construction d’une ville romaine) et d’Azeffoun (l’antique Rusazus, recelant des restes de murailles, de conduites d’eau et des thermes importants). Concernant le reste des vestiges romains, on peut évoquer en particulier le Temple du Génie, datant du IIIe siècle, et la Basilique Chrétienne.

Naturellement, la wilaya est également réputée pour son artisanat traditionnel de qualité et original, que nous cherchons à promouvoir et à perpétuer par le biais du présent projet.

Route Beni Yenni (8)