L’artisanat traditionnel kabyle en péril

En dépit de son patrimoine exceptionnel, la situation de l’artisanat traditionnel kabyle est périlleuse. Ce savoir-faire séculaire est aujourd’hui dans la tourmente. De nombreux artisans ces dernières années ont fait part de leurs inquiétudes quant au futur de leur profession. Pour la plupart, leur quotidien devient de plus en plus difficile. Quel que soit le type de métier artisanal pratiqué, les problèmes sont toujours les mêmes.

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Tout d’abord, il ne faut pas sous-estimer les assauts de la modernité. L’apparition due à l’évolution technologique de produits bon marchés disponibles qui défient toute production artisanale tend à évincer les vieux métiers ancestraux (c’est ainsi que l’atelier familial du métier à tisser disparait lorsque se développent des ateliers de tissage utilisant du matériel plus moderne).

Ensuite, nombre d’artisans connaissent des difficultés pour acquérir la matière première nécessaire à la fabrication des différents articles artisanaux. Par exemple, dans le domaine de la vannerie, l’osier, produit localement dans la région du barrage de Taksebt ou encore vers Sétif et Béjaia, se raréfie au point de devenir introuvable. Il doit alors être importé d’Espagne, solution coûteuse que tout le monde ne peut pas se permettre. En ce qui concerne la bijouterie, l’argent et le corail deviennent de plus en plus compliqués à acquérir. Achetés fréquemment sur le marché noir à des prix exorbitants, ils augmentent le prix du bijou. La rareté du corail a conduit plusieurs bijoutiers à fermer boutique.

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Face à cette situation, les artisans manquent de terrain à eux pour produire leur propre matière première (par exemple de l’osier). Certains artisans le font chez eux, mais la superficie trop limitée ne permet de produire qu’une petite quantité, mise de côté pour les moments de crise. Certains artisans déplorent le peu de soutien qu’ils reçoivent de la part de l’Etat qui n’intervient pas pour pallier à ce problème de déficit de la matière première et de sa cherté, surtout quand dans le même temps ils constatent que leurs impôts augmentent.

Les artisans sont également confrontés pour beaucoup à l’absence de surface pour vendre ses produits. Dans ce contexte de manque de locaux mis à dispositions, les foires ou salons, tel que le Salon National de l’Artisanat à Tizi Ouzou, sont d’une grande importance pour les artisans.

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Toutes ces difficultés conduisent à une situation très critique et préoccupante pour l’artisanat traditionnel kabyle. Il y a une réelle tendance au vieillissement des artisans, car nombre de jeunes, rebutés par ces problèmes, n’acceptent plus de reprendre le flambeau du commerce familial. Le métier est donc confronté au risque de disparaître, car il ne permet plus de nourrir ceux qui continuent à le pratiquer par passion. Ceux-là existent encore, qui ne veulent pas brader cet héritage.

De ce constat est né notre projet afin de permettre à ces jeunes artisanes et artisans désireux de perpétuer cet art ancestral de vivre de ces métiers.

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